Pollution sur les océans : la quantité de déchets plastiques flottants est alarmante

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Depuis 1950, année où le plastique fait son apparition dans notre vie quotidienne, nous avons produit et consommé à l’échelle mondiale 8,4 milliards de tonnes de plastique. Une nouvelle étude publiée en 2017 dans Science Advances montre l’ampleur des dégâts. Selon les résultats de l’étude,  6,3 milliards de tonnes de ces déchets sont des plastiques très peu biodégradables, et s’accumulent dans la nature et en particulier dans l’océan.
D’après la conclusion des études coordonnées par l’institut 5 Gyres, si les tendances actuelles de gestion et production des plastiques se poursuivent, 12 milliards de tonnes de déchets plastiques seront accumulés sur la surface de la Terre d’ici 2050, dont la grande majorité dans l’océan. Une grande partie de nos déchets en plastique est portée par le vent et les cours d’eau et se retrouve dans la mer. Certains de ces matériaux coulent au fond de l’océan, alors que d’autres flottent à la surface et peuvent traverser de grandes distances via les courants océaniques.

Plus de 90 % des déchets retrouvés dans les océans sont des micro-plastiques

Selon les résultats de cette étude, l’ensemble de la pollution de la surface des océans est évaluée à 5 250 milliards de particules, soit 269 000 tonnes de plastiqueMartine Thiel, co-auteur des travaux, précise  « on aurait pu s’attendre à des quantités plus importantes de particules de petites tailles mais de manière surprenante, l’étude montre qu’elles représentent 90 % du nombre total des plastiques flottants mais seulement 10 % du poids total, c’est 100 fois moins qu’attendu ». Markus Erikssen Docteur de l’institut 5 Gyres,  abonde dans le même sens.

Selon lui, face aux inconvénients, nul n’est épargné. Il indique que « malheureusement, avec une répartition mondiale, les effets de ces particules touchent tous les écosystèmes océaniques, y compris les organismes marins notamment les filtreurs, le zooplancton et les organismes vivants dans les sédiments. Ils peuvent également concentrer les polluants organiques et altérer le fonctionnement des chaînes alimentaires ». « Ces plastiques flottants peuvent favoriser un transport d’organismes marins sur des longues distances avec des conséquences très mal connues à l’heure actuelle »  a précisé Francois Galgani de l’Ifremer.

Sous l’action de l’érosion et du soleil, la plupart de ces déchets se désagrègent en minuscules débris appelés micro-déchets de plastique ou micro-plastiques. Ceux-ci convergent, via les courants océaniques, dans les fameux gyres océaniques et forment de véritables soupes de déchets plastiques assimilés à des “continents de déchets” tant leur étendu et leur quantité est importante. L’institut 5 Gyres dont les actions sont basées sur des travaux de recherche, encourage l’industrie à maîtriser l’ensemble du cycle de leurs produits et à développer des polymères biodégradables

Le nombre de micro-plastiques dans les océans

Pour la première fois, une étude publiée dans le journal PLoS ONE et coordonnée par l’institut 5 Gyres  à laquelle l’Ifremer est associée, a estimé le nombre de ces particules dans les océans. Cette étude, la plus complète à ce jour, compile les résultats et prélèvements effectués sur une distance parcourue de 50 000 milles nautiques. Grâce à cette première estimation globale de la pollution par les plastiques flottants, l’équipe internationale impliquée dans le projet a pu conclure que les plastiques et micro-plastiques sont présents sur l’ensemble des océans mondiaux.

Les chercheurs ont assemblé, modélisé et analysé les données issues de 24 campagnes océanographiques réalisées ces 6 dernières années. Ils ont utilisé des filets de surface pour l’étude des micro-plastiques et l’observation visuelle pour les plastiques de plus grande taille. D’après leurs résultats, toutes les zones océaniques, y compris les plus éloignées, sont touchées. Si les densités de plastiques dans les zones de convergence ou gyres océaniques sont plus faibles qu’attendues ou décrites précédemment, les zones côtières, notamment la méditerranée, sont très affectées. Ainsi, les chercheurs concluent que les zones de convergence océaniques ne sont pas des zones d’accumulation permanentes mais des lieux de transfert, de transformation et de redistribution des plastiques flottants en raison des phénomènes de dégradation par divers mécanismes et des mouvements des eaux.

Serge LANTEFO

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